Dossier de notre numéro, la guerre des Malouines est le dernier engagement aéronaval contemporain, principal fait d’arme de la Grande-Bretagne tatchérienne et premier conflit hyper-médiatisé par la presse anglo-saxonne. Son histoire est passionnante car les combats qui s’y déroulent d’avril à juin 1982 sont riches d’enseignements sur la manière de mener la guerre sur mer comme sur terre à la fin du XXe siècle. Mais au delà des considérations purement opérationnelles, elle a fait l’objet d’études qui, bien avant la guerre du Golfe, ont démontré la fragilité des combattants. Si en l’espace de deux mois, près de 860 hommes ont perdu la vie dans les combats, les pertes « indirectes » de ce conflit interpellent tout autant. Ainsi, parmi les vétérans argentins, durement touchés par l’humiliation de la défaite, près de 454 se suicideront après guerre. Côté britannique, ils seront 264, marqués au fer rouge par la violence des combats, à se donner la mort. Autre époque, autres enjeux, autres nationalismes que ceux des Etats-Unis, au comportement dicté par la « destinée manifeste », proche de l’idéologie colonialiste européenne. Autre drame national que celui ressenti par le Mexique, empire déclinant et politiquement instable qui cherchera dans la défaite le ciment de son unité. Remportée par les Américains grâce à une utilisation efficace de l’artillerie légère et de la cavalerie, la guerre de 1946 est l’antichambre d’un autre conflit majeur de ce siècle : la guerre de Sécession. Enfin, Lund, bataille méconnue d’une guerre de Scanie enfantée par la guerre de Trente Ans, n’en est pas moins l’une des batailles les plus meurtrières du XVIIe siècle. Catastrophe politique danoise ou bain de sang inutile, elle demeure un événement essentiel dans la formation de la Scandinavie et de l’Europe que nous connaissons.
Bonne
lecture
Gautier
Lamy